Entretien : Hicham Ibni Oumar, directeur de la banque de l’Habitat se confie à Alwihda

Infos

Entretien : Hicham Ibni Oumar, directeur de la banque de l’Habitat se confie à Alwihda

Le nouveau directeur général de la Banque de l’Habitat du Tchad (BHT), Hicham Ibni Oumar, dans un entretien accordé dans son bureau à Alwihda Info, a passé en revue les nombreux défis du logement, ses objectifs fixés à court et moyen terme à la tête de la Banque de l’Habitat au Tchad, le coût exorbitant de la construction et de l’acquisition du logement au Tchad, le rythme de l’urbanisation face à une démographie galopante et son expérience antérieure au grand cabinet PWC.

Hicham Ibni Oumar indique que la gestion rigoureuse du crédit au logement et une obligatoire sélection des projets permettront à la banque et aux populations concernées d’en tirer le maximum de bénéfice. Par ailleurs, il explique que le projet de financer les logements sociaux contribuera à aider les familles tchadiennes du marasme en terme de logement décent, et de la spéculation des bailleurs et propriétaires qui en profitent à cœur joie.

Vous êtes à la tête d’une structure qui porte un projet très ambitieux. Pourtant, de nombreux projets de logements sociaux n’ont pas aboutis au Tchad. Comment comptez-vous, vous démarquer ?

La Banque de l’Habitat du Tchad (BHT) a en effet un projet ambitieux au-delà de l’activité de banque universelle qu’elle propose. Le projet de financer les logements sociaux est une importante initiative qui pourra sans nul doute sortir les familles tchadiennes du marasme en termes de logement décents et de la spéculation des bailleurs et propriétaires qui en profitent à cœur joie.

Nous voulons que nos clients puissent constituer un patrimoine familial durable et que nous puissions avoir une performance sociale importante.

De nombreux projets de logements sociaux n’ont pas abouti car mal structurés et mal financés. Le fait que ce soit une banque qui finance ces projets permettra une gestion rigoureuse du crédit au logement et une obligatoire sélection de projets qui rapportent tant à la banque qu’aux populations concernées.

Nous voulons que nos clients puissent constituer un patrimoine familial durable et que nous puissions avoir une performance sociale importante.

Concrètement, quels objectifs vous fixez vous à court et moyen terme ?

Les objectifs à court terme de la banque sont la fidélisation de clients, l’initiation à l’épargne, la mobilisation efficace de l’épargne locale et la bancarisation d’un maximum de personnes et cela y compris pour les personnes aux revenus modestes.

« Nous comptons à moyen terme faire de la levée des fonds en capital ou en dette »

Il ne faut également pas oublier que la BHT est également une banque commerciale qui est mise en place pour soutenir l’économie et le développement du Tchad. Le cœur du métier de la BHT reste le financement de l’habitat, mais elle étoffe et étend son offre aux produits et services bancaires classiques proposés par une banque primaire.

Nous comptons à moyen terme faire de la levée des fonds en capital ou en dette, maximiser les dépôts pour permettre à la banque d’atteindre ses objectifs qui sont cités plus haut.

Les avantages du financement du logement social sont les suivant, sans être exhaustifs :
– la création d’un patrimoine et l’accès à la propriété et à un logement convenable,
– la conversion de dépenses de location en accroissement de richesse,
– la création de biens durables pouvant être utilisés comme levier financier dans le futur,
– sécurité pour la retraite et accroissement de niveau de vie pour les générations futures,
– etc.

 « Faire baisser certains coûts qui sont prohibitifs »

Les matériaux de construction coûtent extrêmement chers. Pourtant, la banque de l’habitat veut faire baisser le coût de la construction. N’est-ce pas une ambition démesurée ?

Ambition démesurée est un grand mot ! C’est possible, nous voulons surtout réduire la spéculation et faire des économies d’échelle quand les projets immobiliers prendront forme. Nous nous impliquerons également dans l’investissement local pour faire émerger des entreprises qui fabriqueraient des matériaux localement. Cela permettra inéluctablement de faire baisser certains coûts qui sont prohibitifs.

« La BHT à la prétention de s’atteler à favoriser l’accès des familles à une propriété saine et sécuritaire »

Au Tchad, le coût moyen d’acquisition d’un logement est de 22 millions FCFA, alors que la moyenne notamment en Afrique de l’ouest et du centre est de 9 millions FCFA. Pourquoi cette exagération ?

Plusieurs pays d’Afrique de l’ouest ont mis en place des mécanismes pour juguler le prix des matériaux de construction. Et comme évoqué précédemment, il est important que nous travaillions avec les acteurs du secteur pour trouver les solutions qui permettront à notre pays de faire de même. Cela implique, le développement et l’appui aux entreprises locales qui se spécialisent dans la fabrication de matériaux de construction. Cela réduirait les frais de transport et de douanes qui viennent se greffer et alourdir les factures.

Le rythme d’urbanisation est impressionnant, notamment dans la capitale où la démographie s’est accrue par 14 fois en plus de 40 ans. Faut-il s’en inquiéter ?

L’urbanisation de N’Djamena est galopante. Nous savons que les villes qui s’étendent créent des problèmes dans des domaines divers : sécurité, coût de planification urbaine, éloignement des lieux de travail et surtout génération de bidonvilles. Cela est inquiétant et demande un travail considérable en termes de modèle d’urbanisation. La BHT à la prétention de s’atteler à favoriser l’accès des familles à une propriété saine et sécuritaire, nous allons donc travailler avec nos partenaires mais aussi avec le gouvernement pour trouver les solutions idoines pour juguler cet état de fait.

Vous avez notamment travaillé à PWC, un grand cabinet d’audit. Pouvez-vous nous retracer votre parcours et expérience professionnelle avant votre nomination ?

J’ai en effet travaillé chez PricewaterhouseCoopers (PwC), d’abord à Paris dans le département Banques et Assurances ou je m’occupais des due diligence et de la mise en place de contrats pour des clients internationaux, puis au Luxembourg où j’ai travaillé dans plusieurs départements – i.e. celui de la fiscalité internationale où je m’occupais entre autre des restructurations de groupes (opérations sur capital, fusions et acquisitions, réorganisations, etc.), des négociations de contrats et montages d’opérations de financement, de structurations d’instruments financiers et de dettes, etc. et le département de la gestion de patrimoine privé où je m’occupais de la structuration des actifs d’investisseurs privés.

Des propos recueillis par Djimet Wiche

Source : Alwihda info

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*