Pillage à outrance de la Coton-Tchad

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Créé en 1972 à Moundou dans le sud du Tchad, la société cotonnière du Tchad, actuelle Coton-Tchad avant le début de l’exploitation du pétrole en 2003, l’une des plus importantes mamelles de l’économie tchadienne.

Mais depuis plus de 10 ans, Coton-Tchad fait l’objet de nombreux détournements qui s’élèveraient à plusieurs milliards de Fcfa. Selon Docteur Evaryste Ngarlem Toldé, analyste en économie, l’entreprise est au bord de la faillite:

« Quand vous arrivez à Moundou, rien que d’apparence la Coton-Tchad est mourante dans la capitale économique. Le plus grand pourvoyeur de l’emploi après l’État à l’époque, était la Coton-Tchad et sa part dans l’économie était indiscutable. Aujourd’hui, les paysans ne veulent plus cultiver du coton. Et cela se ressent sur le plan économique. Donc pour quelqu’un qui a vécu cette période de la Coton-Tchad, c’est avec un pincement au cœur qu’on assiste aujourd’hui à cette mort lente de l’entreprise. »

Le député Ngarledjy Yorongar, natif de la région du Logone Occidental où est implantée cette unité industrielle, fut contrôleur à la Conton-Tchad entre 1983 et 1985. Pour lui, les détournements dans cette société ne datent pas d’aujourd’hui.


L’opposant tchadien, Ngarlejy Yorongar en 2008

« Quand j’avais contrôlé la Coton-Tchad avec mon équipe à Moundou, nous avions sillonné les usines. Et s’il fallait mettre en prison des gens, c’est tout le monde qui allait se retrouver en prison. De simples chauffeurs au DG ou au PDG. J’en ai mis beaucoup en prison, les prisons étaient remplies d’agents de la Coton-Tchad. Il faut donc dire que les détournements ne datent pas d’aujourd’hui mais le phénomène s’est aggravé. Comme le régime d’Idriss Deby fait dans le détournement et le clientélisme. Parce qu’on nomme des gens qui doivent se servir donc ils se sont servis » déplore l’opposant Ngarledjy Yorongar.

Un gouffre financier

En 2008, une enquête diligentée par le ministère chargé du contrôle d’État et de la moralisation a relevé un détournement cumulé de 34 milliards Franc CFA, environ 51 millions d’euros. Conséquence; le Directeur général de l’époque Mangaral Banté avait été immédiatement limogé. Cinq ans après en 2013, son successeur Mahamat Adoum Ismael est emprisonné avant d’être relâché pour avoir détourné 98 millions f cfa, soit l’équivalent de 51 millions  d’euros.

Bye bye Mohammed Ibni

La semaine dernière, Mohammed Ibni, le fils de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh porté disparu en février 2008 a été limogé de son poste de Directeur général de la Coton-Tchad. Sa nomination à la tête de cette institution avait surpris plus d’un Tchadien.

Source : DW

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